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Faire un visage, c'est penser l'individu. Même si ce visage est transformé, il ne renvoie pas moins à la personne, à sa spécificité. Faire une œuvre monumentale qui juxtapose 64 visages atrocement déformés, est-ce oublier l'individu ? On pourrait le croire. Mais l'œuvre de Velickovic, cette iconostase laïque propose, impose plutôt au spectateur, une version dramatique qui s'inscrit a contrario dans la tradition du tableau d'histoire. Ici, en effet, pas de foule anonyme mais une somme d'êtres humains qui, sans perdre la face, souffrent chacun à sa façon. Chez Velickovic, toute séparation entre l'homme et l'artiste, entre l'éthique et l'esthétique, est exclue. Bref, une peinture citoyenne à visage découvert.
Itzhak Goldberg
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Visage ou portrait
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