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Paradoxalement, en photographie, la couleur déréalise. Elle enlève leur poids aux choses, transforme la présence en carnaval et contraint l'artiste à se réfugier dans l'esthétisme des heureux rapprochements rétiniens. Peut être parce que le hasard trouve rarement les couleurs dans une disposition qui corresponde à leur étagement dans l'espace qu'elles suggèrent : le rouge devant, le bleu au fond …
Les masques d'Isabelle Rozenbaum ne souffrent pas de ce problème. Les couleurs y sont puissamment enracinées dans les surfaces, elles ne les couvrent pas ; elles les imprègnent. Elles paraissent ici les couleurs même d'un basalte issu du feu souterrain. Car ces visages sont des masques, et des masques de pierre. Comme ceux de Teotihuacan, ils vivent d'une vie tournée vers l'intérieur leurs rêves sont impénétrables. Ils dorment avec intensité, et l'effarante plénitude de leurs formes, l'immensité de leurs plans sont l'affleurement d'une sagesse divine, assoupie sur un secret divin.
Jean-Claude Lemagny
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Visage ou portrait
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