|
|
du 17 au 31 mai 2008
L'Univer de Raphaëlle Pia
"Les historiens de l'art le savent. En dépit de leur apparence innocente,
les fleurs sont le sujet de tous les dangers. Aux formes variées, aux
couleurs chatoyantes, elles ont une fâcheuse tendance à verser dans le
kitsch.
Si Raphaëlle Pia déjoue ce piège, c'est que les fleurs qu'elle peint depuis
plusieurs années semblent échapper à leur condition d'origine. Traitées à
l'acrylique dans une palette de rose sur des fonds quasi-monochromes,
refusant les détails et les effets de matière, ces plantes de taille
monumentale qui occupent l'essentiel de la surface de la toile, sont comme
des cartes géographiques aveugles, sans aucune indication précise. Des
roses, mais qui ne s'adressent pas à l'odorat, qui ne prétendent pas au
statut du trompe l'oeil ou encore moins à celui du trompe main. Ces fleurs
nous rappellent que chaque transposition artistique est avant tout une
transplantation.
En réalité, le parc floral de l'artiste est avant tout un jardin d'étranges
configurations biomorphiques, des suggestions des parties intimes du corps
et où les courbes, les plis et les replis dégagent une sensualité
inquiétante.
Avec ses fleurs, isolées et hors contexte, l'artiste invente en quelque
sorte une botanique sexuelle."
Itzhak Goldberg, historien d'art
|
|